Rappel de l’objet

Un agent travaillant à 50 % au sein d’un établissement exerce également une activité libérale, peut-il bénéficier de l’indemnité inflation ?

Textes de référence

  • Loi n° 2021-1548 du 1er décembre 2021 de finances rectificatives : article 13 ;
  • Décret n° 2021-1623 du 11 décembre 2021 relatif aux modalités de versement de l’aide exceptionnelle prévue à l’article 13 de la loi n° 2021-1549 du 1er décembre 2021 de finances rectificatives pour 2021.

Eclairage juridique

L’article 13 de la Loi n° 2021-1549 du 1er décembre 2021 de finances rectificatives pour 2021 et son Décret d’application n° 2021-1623 du 11 décembre 2021 viennent poser les bases légales de la prime inflation.

Conditions d’éligibilité

Pour être éligible au versement de ladite prime, l’agent ou salarié doit remplir trois conditions cumulatives :

  • Résider en France métropolitaine, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à La Réunion, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin, à Mayotte ou encore à Saint-Pierre-et-Miquelon ;
  • Pour les salariés et agents publics, avoir travaillé au mois d’octobre 2021 ;
  • Avoir perçu au titre de la période courant du 1er janvier au 31 octobre 2021 une rémunération, telle qu’elle est définie pour l’assiette des cotisations sociales, inférieure à 26 000 € bruts.

Le dispositif repose sur le principe que l’indemnité inflation est réservée aux personnes ayant une rémunération nette inférieure à 2 000 € par mois.

Néanmoins, pour les employeurs, il est nécessaire de raisonner en brut. L’indemnité concerne les personnels ayant perçu une rémunération brute soumise à cotisations inférieure à 2 600 € par mois au titre des périodes d’emploi allant du 1er janvier 2021 (ou de la date d’embauche postérieure) au 31 octobre 2021.

Le plafond de rémunération est réduit en fonction de la durée de l’emploi sur la période de référence par rapport au nombre de jours du calendrier.

En revanche, pour l’exercice de fonctions en temps partiel, il n’existe pas de prorata : quel que soit le nombre d’heures du contrat de travail, la rémunération fixant l’éligibilité au versement de la prime reste fixée à 26 000 € bruts annuel.

L’administration a précisé les grandes lignes du dispositif dans un questions-réponses publié, le 2 décembre dernier, au BOSS dans la rubrique « Mesures exceptionnelles » et a pu préciser sur les règles applicable aux personnes éligibles que :

« B.1 Les employeurs doivent ils verser eux-mêmes l’indemnité à toutes les personnes qui sont éligibles dans les conditions mentionnées au A ?
Non. Dans certains cas, les personnes éligibles dans les conditions mentionnées au A ne bénéficieront pas d’un versement de l’indemnité par leur employeur. L’indemnité sera versée par un autre organisme. Ces personnes sont les suivantes :

  • Les salariés qui ont également exercé une activité indépendante en octobre. Ils bénéficieront s’ils sont éligibles d’un versement par leur organisme de recouvrement (URSSAF, caisse de MSA, CGSS) ;
  • Les salariés des particuliers employeurs ayant eu un contrat valide en octobre. Ils bénéficieront d’une indemnité versée directement par les URSSAF ;
  • Les salariés en congé parental d’éducation à temps complet sur la totalité du mois d’octobre. Ils bénéficieront de l’indemnité auprès de la caisse d’allocations familiales dont ils relèvent.

Ces salariés ou agents publics doivent donc se signaler auprès de leur ou de leurs différents employeurs pour que ceux-ci ne leur versent pas l’indemnité. »

Lorsque la personne a deux activités éligibles, elle doit signaler à l’employeur si elle perçoit l’indemnité au titre de son activité indépendante afin que celui-ci ne lui verse pas l’indemnité d’inflation. Les points B6 et B7 de la FAQ précitée rappellent ce principe :

« B.6 En cas de cumul d’activités salariées et indépendantes, le salarié ou l’agent public doit il avertir son employeur de ne pas lui verser l’indemnité ?
Oui. Lorsqu’un travailleur indépendant occupe par ailleurs une autre activité (salarié, mandataire social, agent public…), il perçoit l’indemnité inflation au titre de son activité d’indépendant et doit avertir les autres employeurs également susceptibles de lui verser automatiquement l’indemnité afin que ceux-ci ne procèdent pas au versement. […]